Structurer son récit : le schéma narratif classique

Il n’y a pas de mystère, la construction d’un texte passe généralement par le schéma classique « Introduction – Développement – Conclusion ». Dans le cas d’un texte de fiction, c’est ce schéma qui va permettre l’avancée du récit en amenant les personnages d’un point A à un point B grâce à la résolution des nombreux obstacles qu’ils pourront rencontrer. C’est ce qu’on appelle le schéma narratif et dont il est utile de comprendre les étapes pour arriver à construire un récit cohérent.

Le schéma narratif n’est pas obligatoirement à détailler avant de commencer votre rédaction, il peut aussi se dessiner de lui-même au fur et à mesure, mais à l’instar du plan ou du résumé, il peut vous aider à y voir plus clair, surtout lorsque vous vous lancez dans un récit complexe. Ne vous encombrez pas de trop de détails, il est surtout question de noter les étapes importantes de votre récit. Travailler le schéma narratif vous permet de mieux réfléchir au déroulement de vos péripéties, cela peut vous aider à les lier et à les organiser, c’est donc une étape importante dans votre travail d’écriture qui peut s’effectuer à l’avance, mais aussi en cours de rédaction.

Alors allons-y, et bien sûr, on commence par le début

La situation initiale

Sans surprise, il s’agit du début de votre texte, de la situation des personnages au moment où votre récit commence. La situation initiale est l’occasion de poser les bases de votre récit, de présenter les personnages, leur cadre de vie, leur quotidien… Vous n’êtes pas tenu d’en faire des tonnes, mais le lecteur doit pouvoir comprendre qui est le personnage principal et situer (à peu près) le récit dans le temps et l’espace. Pour ces derniers points, pas besoin de citer des repères précis, mais pensez toujours à donner des indications. Votre situation initiale est en quelques sorte une introduction à votre récit, on doit pouvoir répondre aux question ; qui ? quand ? et où ? La situation initiale peut être plus ou moins développée, mais plus elle dure, plus vous devrez vous creuser les méninges pour garder l’attention de vos lecteurs. Attention donc à ne pas laisser s’éterniser vos descriptions s’il n’y en a pas besoin.

Pour construire votre situation initiale, plusieurs méthodes s’offrent à vous. Il n’y a pas une seule bonne façon de commencer un récit, vous devez, bien au contraire, trouver celle qui vous convient, qui fonctionnera au mieux avec votre style, mais surtout qui correspondra à votre récit.

  • Vous pouvez opter pour une exposition classique : une arrivée dans le quotidien des personnages, l’utilisation de descriptions pour aider le lecteur à se figurer la scène, l’utilisation de dialogues pour retranscrire des échanges ordinaires… Il ne se passe encore rien de surprenant, mais c’est une méthode efficace pour démarrer facilement et faire entrer le lecteur dans le récit. C’est par exemple de cette façon que s’ouvre le premier chapitre du premier tome de la saga Harry Potter.
  • Autre méthode ; vous pouvez encore davantage prendre votre temps et partir d’un point de vue plus général pour arriver ensuite à une situation particulière. Pour cela, trouvez le sujet qui vous conduira jusqu’à la scène d’ouverture ; élargissez à une description de la situation historique, géographique, sociologique… Puis réduisez petit à petit votre focalisation jusqu’à arriver à vos personnages. Imaginez l’objectif d’une caméra qui prend d’abord un angle panoramique, puis qui zoomerait doucement vers un point précis. Par exemple, commencez par parler de la ville, la décrire, la faire visualiser au lecteur, puis concentrez-vous sur un quartier, une rue, une maison et enfin, une pièce de la maison. Prenez votre temps pour en arriver là ; décrivez, détaillez, mais surtout, amusez-vous ! Attention toutefois à ne pas noyer le lecteur dans des détails inutiles, il ne faudrait pas le perdre dès le départ. C’est ainsi que procédait Honoré de Balzac. Non, n’ayez pas peur, jeunes scribouillards ! Vous aussi, vous pouvez utiliser cette méthode.
  • Les descriptions vous ennuient ? Sans pouvoir faire complètement l’impasse dessus, vous pouvez commencer votre récit en faisant directement entrer le lecteur dans l’action. Cela s’appelle un début in medias res, au milieu des choses, c’est en quelque sorte comme si on prenait le train en marche. Dans ce type de commencement, un élément perturbateur s’est déjà glissé dans le récit et a déjà eu des conséquences ; il vous faudra donc expliquer tout cela pour que le lecteur comprenne comment on en est arrivé à ce point. Par exemple ; vos personnages préparent un voyage, sont en fuite, mènent une enquête, se battent, font une découverte… Il y a des dizaines de manière de faire, à vous de trouver celle qui commencera le mieux votre récit. C’est une méthode qu’on retrouve très souvent dans le genre manga pour un début plus dynamique et plus accrocheur.

L’élément perturbateur

C’est bien beau tout ça, mais une situation initiale ne peut pas durer éternellement. Dans tout schéma narratif, on retrouve un élément qui vient bousculer le quotidien des personnages. Il survient généralement de manière inattendue et a des conséquences que les personnages ne peuvent pas ignorer ou éviter. L’élément perturbateur va venir rompre le rythme du récit pour apporter quelque chose de nouveau voire d’extérieur. C’est grâce à lui que les aventures de vos personnages vont pouvoir commencer. Il s’agit d’un obstacle sur leur chemin, un élément qui va venir insérer un rebondissement inattendu et ajouter un peu de suspens à votre récit.

Attention toutefois à ne pas l’insérer de manière artificielle à votre récit, la situation initiale doit amener à l’insertion de cet élément. Il peut être introduit de différentes façons, comme par exemple par un personnage, sous forme d’annonce ou par une découverte… mais il peut aussi arriver plus brutalement ; vos personnages peuvent être témoins de la scène et se trouver devant le fait accompli. Pensez donc à bien construire votre scène ; où se trouvent vos personnages ? En compagnie de qui sont-ils ? Que font-ils ?… Autant de questions à soulever qui feront que vos personnages seront au bon endroit au bon moment. Dans tous les cas, cet élément va influer sur votre récit. Vos personnages vont en tenir compte, voire se sentir concernés et alors la suite de votre texte dépendra de la manière dont ils réagiront ; mais dans tous les cas, ils ne peuvent rester indifférents bien longtemps.

Il peut y avoir plusieurs éléments perturbateurs dans un récit, surtout si celui-ci est long, c’est d’ailleurs leur succession qui permettra l’enchaînement des péripéties, mais attention, vous ne devez jamais laisser un problème non résolu.

Les péripéties

Une fois votre élément déclencheur amené, vous allez devoir développer les conséquences qu’il peut avoir sur vos personnages, mais aussi plus généralement sur leur entourage, sur un lieu, sur une situation… L’ordre des choses est perturbé et vos personnages vont devoir déployer des efforts (intellectuels et/ou physiques) pour résoudre les problèmes soulevés. Vos personnages vont obligatoirement être amenés vers une nouvelle situation, que ce soit leur choix ou non. Il va donc être question pour vous d’expliquer de quelle manière ils vont lui faire face.

Ce changement de situation est souvent un moment clef qui permet d’intégrer au récit de nouveaux personnages ou bien de nouveaux éléments, profitez-en pour réfléchir à ce dont ont besoin les protagonistes et ce que vous devez placer sur leur route.

Gardez à l’esprit que vos personnages doivent aller vers la résolution du problème, ils ne doivent jamais perdre de vue leur objectif. Bien entendu, rien ne vous empêche d’insérer un nouvel imprévu avant la résolution du premier pour complexifier les choses et donner plus de rebondissements. Attention toutefois à ne pas accumuler trop d’éléments perturbateurs sans jamais amener de résolution. Il vous faudra bien doser vos résolutions pour ne pas tout livrer en bloc d’un seul coup ; le lecteur se sera certainement perdu bien avant, et aura sans doute oublier une partie des questions soulevées, il risque donc de ne plus rien comprendre.

Le dénouement et la situation finale

Enfin, vos personnages ont trouvé comment surmonter tous les obstacles qu’ils ont rencontrés et peuvent enfin entrevoir la fin de leurs aventures. Le dénouement, c’est ce moment où vous sentez que vous allez pouvoir terminer votre récit, que plus rien n’attend vos personnages. Attention, j’insiste bien sur ce dernier point ; si un nouvel élément déclencheur est inséré, alors il ne s’agissait pas d’un dénouement, mais d’une résolution à la suite de laquelle le récit continue. Dans le cas d’une saga en plusieurs volumes, on peut, bien sûr, s’amuser à terminer sur un élément perturbateur qui créera un cliffhanger intéressant ; c’est important de donner au lecteur l’envie de lire votre volume suivant.

Le dénouement amène les dernières actions des personnages ; résolution d’une affaire, fin d’un voyage, victoire sur un ennemi… Votre dénouement doit amener à la situation finale de votre récit ; c’est-à-dire, l’état dans lequel se trouvent vos personnages à la conclusion du texte. Pour cela, il est courant de répondre au même type de question pour la situation initiale : qui ? où ? quand ? Demandez-vous comment vous voulez laisser vos personnages : vous pouvez parfaitement les faire revenir à la situation initiale ou bien renverser complètement la situation, c’est vous qui décidez de l’impact qu’auront eu toutes ces péripéties sur la vie de vos personnages. Soignez bien votre situation finale car elle servira de conclusion à votre récit ; c’est là que vous pouvez introduire votre morale s’il y en a une.

Mais le schéma narratif ce n’est pas seulement cela…

Eh bien, non, en effet. Nous venons de voir l’utilisation la plus classique et linéaire du schéma narratif, celle qu’on apprend en cours et qui peut vous être utiles pour vos premiers écrits. En revanche, pour ceux qui auraient envie de s’amuser un peu, il existe plusieurs manières d’aborder le schéma narratif en cassant ses codes classiques. Pas d’impatience jeunes scribouillards, méditez donc déjà tout cela, la suite arrivera dans un prochain article ! En attendant, pour ceux qui auraient besoin d’un appui supplémentaire, entraînez-vous à travailler vos textes avec notre grille de narration.

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