Les dialogues Partie 1 : Généralités

Les dialogues sont au cœur d’un récit, ce sont eux qui matérialisent la pensée de vos personnages et qui les rendront plus vivants au yeux des lecteurs. C’est également un excellent moyen de varier le rythme de votre récit ou encore de donner plus d’impact à certains éléments. En bref, l’intégration de dialogues n’est pas à prendre à la légère, c’est pourquoi le Scribouillard a choisi de leur consacrer un véritable chapitre.

Pourquoi utiliser des dialogues ?

Le dialogue semble être un des aspects les plus naturels du récit et pourtant, la façon dont vous l’aborderez et dont vous le construirez pourrait bien avoir un impact sur l’appréciation de votre texte tout entier. Un dialogue est avant tout l’occasion d’un changement de rythme dans le récit, une coupure avec la narration qui allège le texte et rend la lecture plus agréable. Nous sommes bien d’accord, un enchaînement de longs paragraphes peut finir par devenir lourd et fatiguant, quelques lignes de dialogue peuvent donc apporter comme une bouffée d’air frais au lecteur. De plus, cet élément donnera vie à vos personnages s’il est utilisé à bon escient.

Rappelons qu’un dialogue est un échange verbale entre plusieurs personnages en vue d’exprimer une idée, un sentiment, un débat… Il ne faut pas perdre de vue que le dialogue est également là pour faire avancer le récit et ne doit pas exclusivement se constituer de banalités qui finiront pas ennuyer le lecteur. Règle numéro 1 :  Un dialogue ne doit jamais être inutile ! Il s’insère dans le récit afin d’y apporter quelque chose que ce soit une nouvelle idée, un nouveau personnage ou bien encore pour faire le point sur une situation ou un élément. Ils peuvent également servir d’introduction à une nouvelle situation. Ce sont vos dialogues qui vont permettre à vos personnages d’avancer aussi bien dans leurs réflexions et leurs aventures que dans leurs relations. Il n’est pas nécessaire d’utiliser les dialogues pour « meubler les silences », un dialogue vide de sens aura tôt fait d’émousser l’intérêt du lecteur. Si un dialogue n’apporte rien au récit, demandez-vous s’il ne serait pas mieux de le transposer sous forme narrative.

Exemple :
« Je vais manger une pomme, annonça Harry.
– Moi aussi, s’enthousiasma Ron. »
Dans ce cas précis, on peut tout aussi bien écrire
« Sentant leur estomac gronder, Harry et Ron s’offrirent un festin de pommes pour le goûter. »

Il est également important de noter qu’il n’y a pas de nombre de réplique minimum à un dialogue, si certains personnages n’ont rien à dire, ne vous sentez pas obligé de leur attribuer une petite phrase. Il vaut mieux qu’ils gardent le silence et vous pourrez toujours utiliser la narration pour glisser une ligne à leur sujet. Vous pouvez même tout à fait n’insérer qu’une seule réplique entre deux paragraphes narratifs, ce qui aura pour effet de la mettre mieux en valeur et lui donnera plus d’impact.

Introduire et présenter un dialogue

Après cette courte présentation, entrons dans le vif du sujet avec le B.A-BA du dialogue, à savoir sa présentation. Et oui, même si on rencontre de tout, il faut savoir que le dialogue possède lui aussi des codes qu’il peut être utile de respecter pour vous faire comprendre. Si vous jetez votre dialogue sans plus de cérémonie à la suite de votre narration, vous risquez de perdre vos lecteurs. Travaillez-les un peu et ils gagneront en intérêt ! Ne vous contentez pas de balancer vos dialogues de manière artificielle, introduisez-les un minimum avec un élément d’annonce ou bien une liaison d’idées. Ils sont certes là pour aider à l’avancée du récit, mais ils doivent néanmoins faire écho à ce qui a été énoncé précédemment. Évitez donc les transitions trop brusques ; vos lecteurs pourraient alors se demander s’ils n’ont pas oublier un passage en route (ou même si vous n’en avez pas oublié un).

Malgré tout, une introduction ne dispense pas d’une mise en forme claire. Pour cela, l’idéal reste de respecter les codes typographiques ou au moins une partie. Certaines règles restent néanmoins indiscutables. Dans un premier temps, chaque nouvelle réplique doit faire l’objet d’un retour à la ligne afin de mieux les discerner. En outre, elle doivent s’accompagner d’un tiret ( – ) utilisé de manière à matérialiser le changement de locuteur. Le dialogue devient ainsi bien plus clair visuellement.

En français, la norme demande également à ce que les dialogues soient encadrés de guillemets. Les guillemets standards français ont une forme en chevron ( « » ), cependant avec le développement de l’informatique et suivant les polices employées, ils ont tendance à disparaître au profit d’une forme plus droite (  »  » ) qui se rapproche de la typologie anglo-saxonne. En français, les guillemets n’apparaissent qu’en début et fin de dialogue, on les ouvre juste avant la première réplique et on ne les ferme qu’après la dernière. La première ligne d’un dialogue bénéficiant des guillemets, elle ne comporte alors pas de tiret. Notez que dans l’édition actuelle, les guillemets sont plus rarement utilisés et que la matérialisation du dialogue repose avant tout sur les tirets, ce qui ne les rend pas moins visibles.

Autre point important dans un dialogue, il est important de nommer les différents locuteurs et de désigner qui parle afin qu’il reste compréhensible. Pour cela, évitez le style « théâtre » qui consiste à nommer le locuteur au début de chaque réplique :
Harry : Je suis impatient de retourner à Poudlard.
Ron : Moi j’aurais aimé avoir davantage de vacances.

Désigner le locuteur à la suite de sa réplique dans une incise vous donne de nombreuses possibilité de variation de ton ou autres petites indications qui vont donner sa force au dialogue :
« Je suis impatient de retourner à Poudlard ! annonça Harry avec un enthousiasme débordant.
– Moi, j’aurais aimé avoir davantage de vacances, maugréa Ron en ronchonnant. »

Votre dialogue aussi bien que vos personnages gagnent ainsi en richesse et en profondeur. C’est notamment ainsi que vous pourrez faire passer les émotions de vos personnages.

Vous l’aurez compris, les dialogues peuvent avoir l’air anodins, ils sont en fait plus complexes qu’il n’y parait. C’est pourquoi je vous réserve mes conseils sur leur construction pour un deuxième article. En attendant, n’hésitez pas à m’envoyer vos essais de dialogues et vos questions !

A la semaine prochaine !

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