Les bienfaits d’une relecture attentive

La qualité d’une fiction ne se juge pas seulement à son scénario, la mise en place d’une intrigue et le développement des personnages. Elle s’apprécie également au travers de la syntaxe, de l’orthographe, et de la maîtrise de la langue par l’auteur. Des phrases bien construites, épurées de fautes d’orthographe et de conjugaison sont un atout important pour une fiction. Il faut parfois peu de choses pour qu’un texte moyen évolue en un texte de qualité. Pour cela, une relecture attentive est nécessaire. Elle vous permet de traquer les erreurs qui se sont glissées dans votre texte. Lorsqu’on écrit, on laisse passer de nombreuses coquilles qu’une relecture aide à corriger : fautes d’inattention (notamment d’accord et de conjugaison), mots manquants, erreurs de ponctuation, lapsus, répétitions… Apportez une attention particulière au sens de vos phrases ; si vous butez dessus, que vous-même avez du mal à les comprendre à la première lecture, dîtes-vous que ce sera pire pour le lecteur, une reformulation est donc préférable. Pensez bien à ce que vous voulez dire, si vous n’arrivez pas à mettre le bon mot sur votre idée, c’est peut-être qu’elle n’est pas encore assez claire dans votre esprit (« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » disait Nicolas Boileau-Despréaux), essayez de mieux la développer, cherchez des synonymes, vérifiez le sens des mots que vous utilisez… Vérifiez également votre ponctuation, ne perdez pas de vue qu’elle aide à la compréhension du texte (vos phrases sont-elles trop longues ? mal coupées ?…). N’hésitez pas à consulter notre fiche sur la ponctuation si vous avez besoin d’aide.

Le mieux est de rester attentif tout au long de la lecture, néanmoins, ce n’est pas toujours si évident. C’est pourquoi il est préférable d’effectuer plusieurs relectures à plusieurs jours d’intervalle. Étaler votre travail permettra à votre cerveau de se reposer, tandis que si vous vous obstinez à vous acharner sur votre texte des heures durant, il vous sera plus difficile de le juger et de voir les erreurs à corriger. Attendre quelques jours avant de le reprendre vous permettra de redécouvrir votre texte. Vous pouvez aussi opter pour la lecture à haute voix, tout comme le faisait Flaubert dans son gueuloire. Ainsi, vous aurez une meilleure appréciation du rythme de votre récit et de l’approche qu’en aura le lecteur. N’attendez pas forcément d’avoir fini un chapitre pour relire votre travail, reprenez le petit à petit : cela vous permettra de faire des pauses, de voir où vous en êtes, vous éviterez ainsi tout risque de confusion ou de répétition, cela peut même vous aider à rédiger la suite de votre chapitre. Prenez votre temps, ne vous pressez pas ; mieux vaut attendre quelques jours que de vous précipiter et présenter un texte rempli de fautes ou d’incohérences qui serait désagréable à lire. Pensez toujours à relire votre chapitre dans son intégralité une fois son écriture achevée afin d’en avoir une vue d’ensemble. Il est même utile d’avoir un second point de vue sur vos écrits ; un œil externe verra plus facilement les défauts et les détails qui nous échappent lorsqu’on garde le nez sur un même texte trop longtemps. N’hésitez donc pas à faire appel à un bêta-lecteur. Notez tout de même que la correction ne vous dispense pas d’une dernière relecture : il se peut que votre bêta-lecteur ait laissé passer des fautes, ou encore que ses corrections soient trop discrètes pour être vues d’un simple coup d’œil.

La méthode du Scribouillard : faire un premier jet du chapitre sur papier de façon manuscrite, ce qui oblige à taper le texte par la suite pour l’avoir sur ordinateur. Ainsi, je fais une première relecture au cours de la copie et je repère déjà quelques fautes, longueurs ou incohérences. De plus, écrire d’abord sur papier oblige à réfléchir d’avantage à l’orthographe, la grammaire et au vocabulaire car aucun traitement de texte ne corrige mon chapitre au fur et à mesure, c’est un bon moyen de ne pas perdre les bonnes habitudes et de ne pas trop me reposer sur la technologie.

Quelques outils d’aide à l’écriture

Si l’auteur s’est attaché à construire son scénario, mais a malheureusement des difficultés à manier la langue, il dispose d’outils lui permettant de pallier ce problème voire de progresser au fur et à mesure de leur utilisation.

Le TLFI est un dictionnaire gratuit en ligne. Vous pouvez ainsi vérifier le sens et l’orthographe d’un mot. Attachez-vous à toujours connaitre le sens exact des mots que vous utilisez, n’hésitez pas à prendre une minute pour vérifier dès lors que vous avez un doute ; le vocabulaire est à la base de la compréhension d’un texte, s’il est approximativement choisi par l’auteur, le lecteur n’en aura que plus de mal à comprendre.

Vous avez également besoin d’un dictionnaire des synonymes de manière à varier le vocabulaire de votre texte, éviter les répétitions, ou même trouver des mots plus adaptés auxquels vous n’auriez pas pensé, vous pourriez même apprendre de nouveaux mots tout en enrichissant votre récit.

Pour mieux vous aider, Repetition Detector vous permettra de repérer les mots qui reviennent trop souvent dans votre texte afin de supprimer les répétitions trop lourdes. Lorsqu’on travaille sur un texte, on ne se rend pas toujours compte de la fréquence d’utilisation de certains mots, mais même les mots de liaisons (mais, pour, afin de…) peuvent faire l’objet d’usages abusifs, ce qui risque de sauter aux yeux du lecteur et d’être déplaisant.

Il est toujours utile d’avoir un bescherelle sous la main afin de s’assurer de la conjugaison d’un verbe. Il n’y a rien de pire que des verbes mal conjugués pour gêner la compréhension d’un texte. Beaucoup de terminaisons sont homophones, pensez à vérifier si vous vous savez une faiblesse à ce niveau où même simplement pour être certain de ne pas faire de faute. Déterminer quel temps utiliser dans quel cas aide également à construire un récit cohérent. Lorsque les accords sont mal fait voire inexistants, le lecteur ne va pas se fatiguer à chercher ce que l’auteur a voulu dire, c’est à vous de faire en sorte que l’on comprenne votre texte.

Il peut aussi arriver que l’orthographe d’une expression nous soit inconnue, pour cela, mieux vaut faire une recherche que se laisser aller à l’approximation. Expressio vous propose une base de données conséquente avec explications sur l’origine d’une expression.

Ensuite, pour ceux qui ne disposeraient pas d’un correcteur automatique performant, il existe des sites internet pouvant jouer ce rôle. Bon patron corrige vos fautes quelle qu’elles soient. Il est toutefois recommandé de rester vigilent quant aux aux corrections qu’il propose et d’effectuer une deuxième vérification une fois les premières fautes corrigées ; cela reste un programme aussi ne les voit-il pas toutes au premier abord. De même il peut arriver qu’il propose une mauvaise correction, prudence donc !

Certes ce travail peut paraitre fastidieux mais y consacrer du temps donne de la valeur à votre texte. Il sera plus agréable à lire ; une fiction criblée de fautes où le lecteur s’écorche les yeux à chercher à comprendre le sens d’une phrase sans accord peut vous porter préjudice ; le lecteur aura tendance à abandonner la lecture même si l’intrigue est bien menée.

Publier vos écrits vous permettra de vous améliorer grâce aux retours et aux conseils de vos lecteurs. Si vous avez besoin de plus d’aide, n’hésitez pas me contacter via le formulaire de contact.

Suite : La méthode de relecture du Scribouillard–>

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *