Les dialogues Partie 2 : utiliser les dialogues

Après ces quelques précisions sur nos amis les dialogues, entrons dans le vif du sujet avec leur utilisation. Il n’est pas toujours aisé de construire un dialogue efficace qui concorde avec notre récit ou de trouver une formulation qui ait de l’impact. Afin de gérer au mieux l’impact du dialogue dans votre récit, il convient d’aborder tout d’abord les différents types de discours qui s’offrent à vous. C’est une partie un peu rébarbative, mais qui peut vous aider à prendre conscience des différentes possibilités que vous avez. N’hésitez pas à varier les plaisirs !

Le discours direct

Celui-là, vous le connaissez bien, il s’agit du style classique matérialisé justement par un dialogue. Les paroles des personnages sont rapportées directement avec des indications de ton et de comportement. Le lecteur peut facilement s’imaginer la scène comme un petit bout de théâtre. Pour les caractéristiques détaillées du discours direct, n’hésitez pas à reconsulter la première partie de notre chapitre sur les dialogues. Le discours direct amène un rythme plus rapide et est très utile pour donner plus de force aux répliques importantes. Ils sont également utiles pour mettre l’accent sur une situation, une expression, une émotion. Attention toutefois à la rédaction, les paroles de vos personnages ainsi que les verbes de paroles doivent être suffisamment clairs, à moins d’être complété par une ligne de narration après le dialogue.

Exemple :
« Harry, pourrais-tu me signer un autographe ? demanda le garçon. Je suis ton plus grand fan !
– Non, je suis occupé, Colin ! s’emporta Harry. »

Il s’agit de la forme la plus courante, cependant d’autres formes de discours existent et le Scribouillard vous conseille de ne pas les négliger pour donner plus de force aux dialogues en discours direct, mais aussi pour jouer sur le rythme de votre récit.

Les discours indirect

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une utilisation indirecte de la parole d’un personnage. Ses mots ne sont pas retranscrits, mais on formule plutôt l’idée générale qui en ressort. C’est au lecteur d’imaginer ce qui est dit exactement, ce qui vous épargnera d’avoir à vous creuser la tête pour des déclarations peu importantes. Le discours indirect est intégré dans les paragraphe de narration, il vous dispense de la mise en forme classique « retour à la ligne, guillemets, tirets », cependant il nécessite d’autant plus d’être construit clairement afin de ne pas perdre le lecteur.

Tout comme en discours direct, le discours indirect permet de donner des indications sur le ton du personnage, ses actions, ses émotions, son comportement. Vous pouvez ainsi varier les manières dont vos personnages s’expriment en fonction de l’importance de leurs échanges. Ainsi, le discours indirect peut vous aider à faire passer une situation qui dure sans que vous vous sentiez obligé de rédiger un dialogue inintéressant.

Notez au passage que la ponctuation change avec le passage au discours indirect. Les points d’exclamation et d’interrogation disparaissent généralement car le type de phrase et le ton sont indiqués par les verbes de parole, des adverbes, des qualificatifs… De plus, si vous souhaitez passez du discours direct au discours indirect, n’oubliez pas d’adapter vos verbes de manière à imbriquer les phrases dans votre récit.

Exemple :
Alors que Harry s’apprêtait à monter dans le train, il fut retenu par un petit garçon qui lui demanda un autographe, annonçant qu’il était son plus grand fan.

Le discours indirect libre

Attention, on passe aux choses sérieuses. Des trois types de discours, c’est certainement le plus intéressant, mais c’est aussi le plus difficile à utiliser de façon à ce qu’il reste compréhensible. Tout comme le discours indirect, cette forme de discours ne nécessite ni retour à la ligne, ni tirets, ni guillemets. Le discours indirect libre sert à rapporter les paroles d’un personnage sans pour autant utiliser de verbe de parole et peut être confondue avec de la narration. Selon la construction de votre discours, le lecteur peut se demander si ces propos sont ceux du personnage ou bien ceux du narrateur. De plus, dans le cas où vous utiliseriez le discours indirect libre pour un personnage secondaire, méfiez-vous car le lecteur pourrait confondre le locuteur avec le personnage principal. C’est une forme plus subtile, plus ambigüe qu’il faut donc manier avec précaution.

Exemple :
Alors que Harry s’apprêtait à monter dans le train, il fut retenu par un petit garçon dont les yeux brillaient comme des étoiles. Il voulait un autographe, bien entendu, il l’admirait depuis toujours et pensait être son plus grand fan. Il était si heureux de pouvoir enfin rencontrer le grand Harry Potter.

Dans l’exemple ci-dessus, notez que le locuteur est sous-entendu, rien ne l’annonce explicitement. En procédant ainsi, vous donnez une autre dimension à votre texte, il gagne en subtilité et le lecteur sentira que vous avez fait un effort de style. Attention, ce n’est pas une raison pour l’utiliser à tort et à travers en alourdissant votre texte.

Aucune de ces trois formes de discours n’est meilleure qu’une autre, à vous donc de savoir les utiliser et les doser en fonction de votre texte et de votre style. Une utilisation exclusive du discours direct peut finir par devenir lourde et agaçante pour le lecteur tout comme une utilisation exclusive du discours indirect ou du discours indirect libre peut devenir indigeste et fatigante. L’idéal est donc de les panacher pour donner du rythme et de la profondeur à votre récit.

La méthode du Scribouillard : Le Scribouillard aime le discours indirect libre et n’apprécie pas trop le discours direct. Oui, je le confesse, j’ai le défaut de ne pas assez utiliser les dialogues, ce qui peut rendre un texte un peu difficile à lire. Néanmoins, je sais l’employer lorsque c’est absolument nécessaire. Le discours indirect ou le discours indirect libre retranscrivent les paroles de manière narrative, ainsi ils s’intègrent au reste de votre texte et reste dans la continuité de l’action. Ils sont idéals pour les échanges peu important, les répliques trop longues ou bien pour casser un dialogue qui s’éterniserait. Les utiliser permet aussi de donner plus d’impact à l’utilisation du dialogue : les répliques sont mieux mises en avant, elles sont plus percutantes et attire davantage l’attention du lecteur. On peut alors se concentrer sur l’essentiel et mieux choisir ses mots.

Les verbes de parole et les incises

Nous les avions déjà évoqués plus haut, il est temps de les aborder enfin. Qu’entend-on par verbe de parole ? Il s’agit de verbes utilisés dans les discours directs et discours indirects qui vont nous servir à donner une indication sur la phrase, notamment en matière de ton, voire d’émotion du locuteur. Le verbe de parole peut se suffire à lui-même (s’insurger, s’indigner, s’enthousiasmer…) ou bien il peut être accompagné de compléments qui viendront donner des informations supplémentaires (annoncer fièrement, couper brusquement, déclarer avec un sourire…).

Vous l’aurez compris, l’emploi de ces verbes est primordial pour un dialogue afin de ne pas répéter inlassablement « dit Harry » et « dit Hagrid » tout au long de l’échange, ce qui installerait une déplaisante monotonie. Ils permettent donc d’insérer des nuances de tons qui donneront de la profondeur aux émotions des personnages. Votre dialogue prendra vie et gagnera en rythme et en intérêt : une utilisation répétée du verbe « dire » sans plus d’effort deviendra lassante voire agaçante. Il en va de même pour tous les verbes, essayez de varier et de ne pas toujours utiliser les mêmes ; vos personnages ne parlent pas toujours de la même manière, leur ton peut varier au cours de la discussion.

Exemple :
« Harry ! s’exclama Colin. Je suis si heureux de te voir !
– Bonjour, Colin, maugréa Harry.
– Tu as été génial durant le match hier, s’enthousiasma le jeune sorcier.
-Merci. »

Dans cet exemple, vous pouvez remarquer que la dernière réplique ne comporte pas de verbe de parole. Dans un dialogue avec seulement deux locuteurs, il n’est pas absolument nécessaire de toujours préciser qui parle, car un nouveau tiret signifie un changement de locuteur. Il n’est pas non plus nécessaire de toujours ajouter un verbe de parole pour ne pas alourdir le texte. De plus, vous voyez, dans la troisième réplique, que j’ai utilisé l’expression « le jeune sorcier » pour ne pas répéter le nom de Colin ; pensez à varier les appellations afin d’éviter les répétitions.

Notez que ces verbes sont tout aussi importants dans un passage au discours indirect dans lequel vous avez le temps de détailler les émotions et pensées des personnages.

Exemple :
A peine entrée dans la Grande Salle, Harry se fit aborder par un Colin surexcité, clamant à qui voulait l’entendre que l’attrapeur des Gryffondor était un héros. Le match de la veille l’avait particulièrement enthousiasmé et il ne tarissait plus d’éloges sur son idole. Soupirant, Harry l’écouta malgré lui, maugréant de vagues remerciements.

Pour plus de détails sur les verbes de parole, consultez l’article consacré.

Choisir ses mots

Enfin, la dernière chose que nous allons aborder, mais qui n’en est pas moins importante, est la construction de vos répliques elles-mêmes. Il faut en effet prendre un peu de temps pour réfléchir à la manière dont vous souhaitez présenter l’échange entre les personnages car c’est notamment à travers les dialogues que vous donnerez de la personnalité à vos personnages.

La première chose à noter est que les répliques de vos personnages doivent toujours leur correspondre. Attention au vocabulaire choisi, aux expressions, à la longueur des phrases ainsi qu’à leur tournure : la façon de parler d’une personne peut varier en fonction de l’âge, de la situation sociale, de sa situation géographique, de son époque… Évitez donc les prises de paroles irréalistes dans lesquelles le jeune Harry Potter de cinq ans à peine s’exprime déjà comme un agrégé de grammaire. De même, une fois adulte, évitez de lui prêter des expressions enfantines ou adolescentes (à moins que ce ne soit une caractéristique du personnage, mais alors gardez une certaine cohérence ; il devra toujours s’exprimer ainsi). Il faut un peu de réalisme dans vos dialogues ! La manière dont vos personnages vont parler contribue à former leur identité. Ne perdez jamais de vue que lorsqu’un personnage parle, vous mettez en avant sa personnalité.

La complexité du vocabulaire, le niveau de langue et les expressions sont donc primordiales pour construire la façon de parler d’un personnage. Si besoin, arrêtez-vous sur les répliques un peu longues ou les plus importantes afin d’être certain qu’elles correspondent à leur locuteur, ne laissez rien au hasard. Selon l’ambiance que vous souhaitez obtenir et le milieu dans lequel se déroule votre action, utilisez un langage plus cru ou plus soutenu. De plus, ce n’est pas parce que votre texte traite de choses quotidiennes que vous pouvez vous laisser aller à rédiger des dialogues d’une ennuyeuse banalité. La fiction a besoin de se détacher de la réalité, elle est là pour nous emmener dans un autre monde, même s’il est similaire au nôtre, ce n’est pas juste une copie de ce que nous vivons tous les jours : l’intérêt pour votre travail s’émousserait alors rapidement. Il vous faut sublimer la réalité.

De plus, ne vous sentez pas obligé d’absolument tout dire et tout expliquer au risque de rendre votre récit un peu lourd. Prenez soin de travailler les silences des personnages, mais aussi les sous-entendus dans leurs répliques. Laisser planer le doute peut être un bon moyen d’entretenir le suspens. Les non-dits quant à eux donnent plus de subtilité au texte, laissez le lecteur comprendre par lui-même, ne lui donnez pas toutes les clefs ; s’il peut tirer ses propres conclusions, il appréciera d’autant plus sa lecture.

Vous l’aurez donc compris, ils ont l’air anodins, mais les dialogues sont une part vraiment importante d’un texte et ne doivent pas être laissés au hasard. Maintenant que vous êtes arrivé au bout de cette deuxième partie, vous voici prêt à relever le défi et à rédiger de superbes dialogues. Et n’oubliez pas, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à me contacter 😉

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